
Recevoir un avis de taxe d’habitation est souvent le symptôme d’une information obsolète dans votre dossier fiscal, et non une fatalité.
- La taxe reste due sur les résidences secondaires et les logements vacants, dont la taxation peut être majorée.
- Un changement de situation (déménagement, mariage, divorce) non déclaré est la cause la plus fréquente d’une imposition erronée.
Recommandation : Avant toute démarche, identifiez la cause exacte de l’imposition (statut du logement, RFR, situation personnelle) pour une réclamation ciblée et efficace via votre espace impots.gouv.fr.
Recevoir un avis de taxe d’habitation dans sa boîte aux lettres a de quoi surprendre, voire inquiéter. Depuis plusieurs années, la communication gouvernementale martèle un message clair : cet impôt a été supprimé pour la grande majorité des Français. Alors, pourquoi vous ? S’agit-il d’une erreur de l’administration, d’une injustice ou, pire, d’une situation que vous ne comprenez pas et qui pourrait vous coûter cher ? Avant de céder à la panique ou à l’agacement, il est essentiel de comprendre que la réalité fiscale est souvent plus nuancée.
La plupart des contribuables pensent que la suppression est universelle, mais la loi a maintenu la taxe pour certains types de biens et a créé un système d’exonération basé sur des conditions précises. Souvent, un avis de taxe d’habitation reçu à tort n’est pas le fruit du hasard. Il est le symptôme d’une « anomalie déclarative » : une information qui n’est plus à jour dans votre dossier fiscal. Un déménagement, un mariage, un départ d’enfant du foyer… Ces événements de vie, s’ils ne sont pas communiqués en temps et en heure à l’administration, peuvent entraîner une « désynchronisation » entre votre situation réelle et celle connue du fisc, menant à une taxation incorrecte.
Cet article n’est pas une simple récitation des textes de loi. Il se veut un guide de diagnostic, pas à pas, pour vous aider à comprendre la cause racine de votre situation. Nous allons ensemble vérifier les points clés, du statut de votre logement à votre revenu fiscal de référence, pour déterminer si vous êtes réellement redevable de cette taxe. L’objectif est de transformer votre interrogation en une action claire et documentée, que ce soit pour confirmer votre éligibilité à une exonération ou pour contester un avis qui n’aurait jamais dû vous être adressé.
Pour vous guider dans cette démarche, nous aborderons les points essentiels de manière structurée. Ce guide vous permettra de naviguer avec confiance dans les méandres de la fiscalité locale et de faire valoir vos droits.
Sommaire : Votre guide complet pour comprendre et agir sur votre taxe d’habitation
- Pourquoi certains foyers paient encore la taxe d’habitation malgré la réforme ?
- Comment calculer votre revenu fiscal de référence pour savoir si vous êtes exonéré ?
- Résidence principale, secondaire ou logement vacant : laquelle est encore taxée ?
- L’erreur qui vous fait payer 1200 € en trop : ne pas déclarer un changement de situation
- Comment demander un dégrèvement de taxe d’habitation si vous avez déménagé en cours d’année ?
- Pourquoi 40 % des démarches échouent car adressées à la mauvaise autorité locale ?
- Exonération pour revenus modestes, dégrèvement ou plafonnement : quelles aides pour réduire la taxe ?
- Taxe foncière : comment contester un avis erroné ou obtenir un dégrèvement ?
Pourquoi certains foyers paient encore la taxe d’habitation malgré la réforme ?
La réforme a été un véritable soulagement pour de nombreux ménages. En effet, la suppression de la taxe d’habitation sur la résidence principale a bénéficié à une large partie de la population. Pour donner un ordre de grandeur, ce sont plus de 24 millions de foyers fiscaux qui se trouvent désormais exonérés, réalisant une économie moyenne significative. Cependant, la persistance de cet impôt pour certains contribuables s’explique par le périmètre même de la loi. La réforme n’a jamais signifié une suppression totale et inconditionnelle de la taxe d’habitation.
La distinction fondamentale repose sur la nature du logement. Seule la résidence principale est concernée par la suppression. Par conséquent, si vous êtes propriétaire ou locataire d’une résidence secondaire, d’un logement vacant ou de tout autre local qui n’est pas votre lieu de vie principal et habituel, la taxe d’habitation reste entièrement due. C’est le cas le plus fréquent qui explique la réception d’un avis d’imposition.
De plus, des situations plus complexes peuvent exister, notamment concernant les dépendances. Un garage, une chambre de bonne ou un parking peuvent être considérés comme des locaux distincts de l’habitation principale s’ils ne sont pas directement attenants ou s’ils ont une entrée séparée. Dans ce cas, ils peuvent faire l’objet d’une taxation propre.
Cette image illustre bien un point souvent négligé : une dépendance, comme un garage non attenant, peut être soumise à la taxe d’habitation indépendamment de l’exonération de votre résidence principale. Il est donc crucial de vérifier sur votre avis d’imposition à quel bien se rapporte la taxe réclamée. Si le nom de la commune ne correspond pas à votre résidence principale, il s’agit très probablement d’un autre bien que vous possédez.
Comprendre cette première règle est la base de tout le diagnostic. Si la taxe concerne bien une résidence secondaire, la contestation sur le principe de la suppression est vaine. La démarche devra alors s’orienter vers une vérification de la base de calcul ou la recherche d’autres motifs de dégrèvement.
Comment calculer votre revenu fiscal de référence pour savoir si vous êtes exonéré ?
Même si la taxe d’habitation sur les résidences secondaires est maintenue, il existe des cas d’exonération ou de dégrèvement, principalement basés sur vos revenus. L’indicateur clé utilisé par l’administration fiscale est le Revenu Fiscal de Référence (RFR). Le principe est simple : si votre RFR est inférieur à un certain plafond, vous pouvez bénéficier d’une aide. Ces plafonds ne sont pas fixes ; chaque année, l’administration fiscale publie les limites de revenu fiscal de référence actualisées pour tenir compte de l’inflation.
Il est donc impératif de vous munir de votre dernier avis d’imposition sur le revenu. Le RFR y est clairement indiqué, généralement en première page. Attention, pour la taxe d’habitation de l’année N, c’est le RFR de l’année N-1 (basé sur les revenus de N-2) qui est pris en compte. Par exemple, pour la taxe d’habitation 2024, il faut regarder votre RFR de 2023, qui figure sur votre avis d’imposition reçu à l’été 2023 concernant vos revenus de 2022.
Une fois votre RFR et votre nombre de parts fiscales identifiés, vous devez les comparer aux plafonds en vigueur. Si vous vous situez en dessous, vous êtes éligible à une exonération ou à un dégrèvement. Si vous dépassez légèrement, ne baissez pas les bras trop vite. Des mécanismes d’atténuation existent pour éviter les effets de seuil trop brutaux, notamment si vous étiez déjà exonéré les années précédentes. La vérification de votre RFR est une étape non négociable de votre diagnostic.
Votre plan d’action : vérifier votre éligibilité via le RFR
- Retrouvez votre RFR : Localisez votre Revenu Fiscal de Référence (RFR) de l’année de référence (N-1) sur la page de garde de votre dernier avis d’imposition.
- Comparez au plafond : Consultez les plafonds de RFR de l’année en cours sur le site impots.gouv.fr et comparez votre RFR à celui correspondant à votre nombre de parts fiscales.
- Vérifiez le seuil transitoire : Si vous dépassez légèrement le plafond mais étiez exonéré l’année précédente, vérifiez si vous pouvez bénéficier du maintien de l’exonération pour éviter un effet de seuil.
- Analysez vos revenus actuels : Si vos revenus ont baissé significativement depuis l’année de référence, vous pourriez demander un dégrèvement à titre gracieux, même si votre RFR de l’époque vous rendait imposable.
- Consolidez vos documents : Préparez une copie de votre avis d’imposition et des justificatifs de votre situation actuelle avant toute prise de contact avec l’administration.
Cette démarche méthodique vous permettra de savoir avec certitude si vous pouvez baser une réclamation sur vos niveaux de revenus, une des raisons les plus solides pour obtenir gain de cause.
Résidence principale, secondaire ou logement vacant : laquelle est encore taxée ?
Comme nous l’avons établi, la distinction entre les types de logements est la clé de voûte du système actuel. Faisons le point clairement. La résidence principale, c’est-à-dire le lieu où vous résidez de manière effective et habituelle, est totalement exonérée de taxe d’habitation. Si vous recevez un avis pour ce logement, il s’agit très probablement d’une erreur qui doit être contestée immédiatement.
En revanche, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation principale (THRS) est non seulement maintenue, mais elle est même devenue une variable d’ajustement pour de nombreuses communes. Celles situées en « zone tendue » (où l’accès au logement est difficile) ont la possibilité d’appliquer une majoration de cette taxe, pouvant aller de 5 % à 60 %. Les chiffres récents montrent que cette tendance est à la hausse : au niveau national, les montants dus au titre de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires augmentent de 7,1 %, atteignant une moyenne de près de 1 000 € par logement concerné.
Enfin, il y a la catégorie des logements vacants. Si un logement est vide et non meublé depuis un certain temps, il n’est pas soumis à la taxe d’habitation, mais à une taxe spécifique : la Taxe sur les Logements Vacants (TLV) en zone tendue, ou la Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants (THLV) ailleurs. La confusion peut naître si un logement que vous considérez vacant est toujours considéré comme meublé par l’administration, le faisant ainsi basculer dans la catégorie des résidences secondaires taxables.
Étude de cas : L’impact majeur de la localisation sur la fiscalité
La disparité régionale dans l’application de la majoration de la THRS est un exemple frappant. Des régions touristiques comme Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Occitanie concentrent une large majorité des communes (780) ayant choisi d’appliquer cette surtaxe pour décourager les logements inoccupés. À l’inverse, dans les Départements d’Outre-Mer, seulement 9 % des communes éligibles ont franchi le pas. Cette étude de cas montre à quel point le statut fiscal d’un même type de bien peut varier drastiquement d’une commune à l’autre, soulignant l’importance du facteur géographique dans le calcul de l’impôt.
Le statut de votre bien immobilier est donc le premier élément à valider sur votre avis d’imposition. Une erreur de qualification du logement (par exemple, votre résidence principale identifiée comme secondaire) est un motif de contestation légitime et souvent couronné de succès.
L’erreur qui vous fait payer 1200 € en trop : ne pas déclarer un changement de situation
Voici sans doute la cause la plus fréquente, la plus insidieuse et la plus coûteuse d’une imposition à tort : l’oubli ou le retard dans la déclaration d’un changement de situation personnelle. L’administration fiscale base votre imposition sur les informations que vous lui fournissez. Si ces informations sont obsolètes, le calcul sera inévitablement erroné. C’est ici que se trouve la fameuse « anomalie déclarative » dont nous parlions.
Le cas le plus emblématique est le déménagement. Vous quittez un logement au cours de l’année N. La taxe d’habitation est due par l’occupant au 1er janvier de l’année d’imposition. Si vous n’avez pas signalé votre départ, l’administration peut légitimement penser que vous occupez toujours deux logements, considérant le second comme une résidence secondaire et le taxant en conséquence. De même, la déclaration d’occupation des biens immobiliers, devenue obligatoire, est un outil essentiel pour le fisc. Une erreur ou un oubli sur cette déclaration peut entraîner la requalification d’un logement prêté à un enfant en résidence secondaire.
D’autres événements de vie ont un impact direct sur votre foyer fiscal et donc sur le calcul de vos impôts. Ces changements doivent être signalés rapidement pour permettre l’ajustement de votre situation :
- Mariage ou Pacs : Cet événement doit être signalé dans les 60 jours. Il modifie la composition de votre foyer fiscal et peut influencer votre nombre de parts.
- Divorce ou rupture de Pacs : Vous avez également 60 jours pour le signaler. L’année de la séparation, deux déclarations distinctes doivent être déposées, ce qui a un impact majeur sur les impôts locaux.
- Naissance ou décès : Ces événements modifient le nombre de parts de votre foyer et doivent être communiqués pour ajuster votre taux de prélèvement et vos impôts.
L’absence de mise à jour de ces informations est le chemin le plus court vers une taxation erronée. Le service « Gérer mon prélèvement à la source » sur votre espace personnel impots.gouv.fr est votre meilleur allié pour signaler ces changements en quelques clics et maintenir une « synchronisation » parfaite avec l’administration.
Prendre quelques minutes pour vérifier et mettre à jour votre situation sur votre espace en ligne peut vous éviter des heures de démarches administratives et des centaines, voire des milliers d’euros payés inutilement.
Comment demander un dégrèvement de taxe d’habitation si vous avez déménagé en cours d’année ?
Vous avez identifié la cause : vous avez reçu un avis de taxe d’habitation pour un logement que vous n’occupiez plus au 1er janvier de l’année d’imposition. C’est une situation classique de « taxation à tort » qui donne droit à un dégrèvement complet. La démarche pour obtenir cette correction est simple, à condition d’être méthodique. Il ne s’agit pas de « contester » au sens conflictuel du terme, mais plutôt de fournir à l’administration l’information corrigée pour qu’elle puisse mettre à jour votre dossier.
La règle d’or est la suivante : la taxe d’habitation est due par la personne qui occupe le logement au 1er janvier. Si vous avez déménagé le 15 décembre de l’année N-1, vous n’êtes pas redevable de la taxe d’habitation pour l’année N sur ce logement. Si vous avez déménagé le 15 janvier de l’année N, vous en êtes redevable pour l’année N entière, même si vous n’y avez vécu que deux semaines.
Pour faire votre demande, suivez une procédure claire et structurée. Précipiter une réclamation sans les bons documents est le meilleur moyen de la voir retardée ou rejetée. Voici les étapes à suivre :
- Analysez l’avis d’imposition : Avant toute chose, relisez attentivement l’avis reçu. Vérifiez l’adresse du bien concerné, l’année d’imposition et la date de mise en recouvrement.
- Rassemblez vos preuves : C’est l’étape la plus importante. Vous devez prouver que vous n’occupiez plus le logement au 1er janvier. Les justificatifs les plus efficaces sont : une copie de l’état des lieux de sortie de votre ancien logement, une copie de votre nouveau bail ou de l’acte d’achat de votre nouvelle résidence, ou encore des factures d’électricité ou d’internet prouvant votre changement d’adresse.
- Formulez votre réclamation : Adressez un courrier ou un message via la messagerie sécurisée de votre espace impots.gouv.fr. Soyez clair, concis et factuel. Expliquez que vous demandez un dégrèvement de la taxe d’habitation pour l’année X sur le logement Y, car vous n’occupiez plus ce logement à la date du 1er janvier.
- Joignez les justificatifs : Attachez l’ensemble des preuves que vous avez rassemblées. Plus votre dossier est complet et irréfutable, plus le traitement sera rapide.
Cette démarche, basée sur des faits et des preuves, est généralement traitée très favorablement par les services fiscaux, car elle vise simplement à corriger une information factuelle dans leurs fichiers.
Pourquoi 40 % des démarches échouent car adressées à la mauvaise autorité locale ?
Vous avez un dossier solide, des arguments valables et des preuves irréfutables, mais votre réclamation reste sans réponse ou est rejetée. La raison est souvent d’une simplicité déconcertante : vous ne vous êtes pas adressé au bon service. C’est un écueil administratif classique qui peut transformer une démarche simple en un véritable parcours du combattant. Chaque impôt, chaque commune, chaque situation dépend d’un centre des impôts spécifique. Envoyer sa réclamation au mauvais service, c’est comme poster une lettre à la mauvaise adresse : elle n’arrivera jamais à destination.
L’administration fiscale est une organisation complexe. Il y a le Service des Impôts des Particuliers (SIP) qui gère l’impôt sur le revenu, et le Centre Des Impôts Fonciers (CDIF) ou Pôle d’Évaluation des Locaux Professionnels (PELP) qui gère l’évaluation des biens servant de base aux impôts locaux. Comme le rappelle la Direction Générale des Finances Publiques :
La réclamation doit être adressée au service des impôts dont dépend le local imposable, c’est à dire au service des impôts des particuliers ou le centre des impôts fonciers.
– Direction Générale des Finances Publiques, impots.gouv.fr – Comment contester mon avis de taxe d’habitation ou de taxe foncière
Trouver le bon interlocuteur est donc primordial. Heureusement, il existe une solution simple et infaillible pour éviter cet écueil : la messagerie sécurisée de votre espace particulier sur le site impots.gouv.fr. Cet outil est conçu pour vous simplifier la vie. En l’utilisant, vous n’avez pas à vous soucier de trouver le bon service, car le système s’en charge pour vous.
Voici comment procéder pour garantir que votre demande arrive à bon port :
- Connectez-vous à votre espace particulier sur impots.gouv.fr et accédez à votre messagerie sécurisée.
- Cliquez sur « Écrire », puis choisissez le formulaire « Je formule une réclamation ».
- Le système vous demandera de sélectionner l’impôt concerné (par exemple, « Taxe d’habitation ») et l’année d’imposition.
- Une fois validé, un formulaire de message s’ouvre. Rédigez votre demande, et surtout, ajoutez vos pièces justificatives directement en pièce jointe avant d’envoyer.
En suivant cette procédure, votre demande est automatiquement routée vers le service compétent. Vous disposez en outre d’un accusé de réception et d’un suivi de votre démarche, ce qui constitue une preuve en cas de litige.
Oubliez le courrier recommandé et les appels téléphoniques hasardeux. La messagerie sécurisée est aujourd’hui la voie royale pour un dialogue constructif et tracé avec l’administration fiscale.
Exonération pour revenus modestes, dégrèvement ou plafonnement : quelles aides pour réduire la taxe ?
Même si vous êtes redevable de la taxe d’habitation (par exemple, sur une résidence secondaire) et que vos revenus dépassent les plafonds d’exonération totale, tout n’est pas perdu. Le législateur a prévu plusieurs dispositifs pour alléger la charge fiscale des contribuables aux revenus modestes, des personnes âgées ou en situation de handicap. Il est important de connaître ces « coups de pouce » fiscaux qui peuvent s’appliquer automatiquement ou sur demande.
Ces aides prennent différentes formes :
- L’exonération totale : réservée aux personnes remplissant des conditions strictes de revenus, d’âge ou de handicap.
- Le dégrèvement : il s’agit d’une réduction partielle de l’impôt. Il peut être accordé d’office par l’administration ou suite à une réclamation de votre part.
- Le plafonnement : ce mécanisme vise à limiter le montant de la taxe d’habitation en fonction du revenu. Si la taxe dépasse un certain pourcentage de vos revenus, vous pouvez demander un dégrèvement pour la partie excédentaire.
Les conditions d’âge et de ressources sont souvent cumulatives et peuvent sembler complexes. Pour y voir plus clair, un tableau comparatif est souvent plus parlant qu’un long discours. Il permet de visualiser rapidement les principales aides concernant la taxe foncière, dont les mécanismes sont similaires pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pour les personnes âgées ou invalides.
| Aide | Condition d’âge | Condition de revenu (RFR) | Logement concerné | Effet |
|---|---|---|---|---|
| Dégrèvement automatique | 65 à 75 ans | RFR 2024 ≤ 12 679 € (1 part) + 3 386 €/demi-part | Résidence principale | -100 € sur la taxe foncière |
| Exonération totale | Plus de 75 ans | RFR 2024 ≤ mêmes plafonds | Résidence principale ET secondaire | Exonération complète de taxe foncière |
| Exonération maintenue | Plus de 75 ans, plafond dépassé | Exonéré l’année précédente | Résidence principale | Maintien de l’exonération malgré le dépassement |
Ce tableau, bien qu’axé sur la taxe foncière, illustre la logique de l’administration : des aides ciblées existent pour les seniors à revenus modestes. Il est crucial de vérifier si votre situation personnelle (titulaire de l’Allocation aux Adultes Handicapés – AAH, de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées – ASPA) vous ouvre droit à des exonérations, souvent sans condition d’âge.
Si vous pensez être dans l’une de ces situations, mais que l’aide n’a pas été appliquée sur votre avis, une réclamation auprès de votre service des impôts est tout à fait légitime pour faire valoir vos droits.
À retenir
- La suppression de la taxe d’habitation ne concerne que la résidence principale. Les résidences secondaires et logements vacants restent taxés.
- La majorité des impositions erronées provient d’un changement de situation non déclaré (déménagement, mariage, etc.), créant un décalage entre votre vie et votre dossier fiscal.
- Toute réclamation doit être documentée avec des preuves et adressée au bon service, idéalement via la messagerie sécurisée sur impots.gouv.fr.
Taxe foncière : comment contester un avis erroné ou obtenir un dégrèvement ?
Avant d’aller plus loin, une clarification essentielle s’impose pour éviter toute confusion. Cet article traite principalement de la taxe d’habitation. Or, en tant que contribuable, vous recevez souvent un autre avis d’impôt local : la taxe foncière. Ces deux impôts sont souvent confondus, mais ils sont très différents. La taxe d’habitation est liée à l’occupant d’un logement, tandis que la taxe foncière est liée au propriétaire d’un bien immobilier. Si vous êtes propriétaire occupant, vous payez les deux (ou plutôt, vous payiez les deux avant la réforme).
Les principes de contestation de la taxe foncière sont similaires à ceux de la taxe d’habitation, mais ils portent sur des aspects différents. Ici, on ne conteste pas sur la base de l’occupation ou de la résidence principale, mais plutôt sur la base de l’évaluation du bien lui-même. Comme le souligne un expert en droit fiscal :
Le message utile est simple : une taxe foncière élevée ne se conteste pas en disant seulement « c’est trop cher ».
– Maître Reda Kohen, Kohen Avocats – Taxe foncière trop élevée : erreur de surface, valeur locative et réclamation
Cette citation rappelle un point crucial : une contestation doit être fondée sur une erreur factuelle et mesurable. Les motifs de réclamation les plus courants pour la taxe foncière concernent des erreurs dans la valeur locative cadastrale, qui sert de base au calcul de l’impôt. Ces erreurs peuvent être de plusieurs natures.
Voici une démarche pour identifier une erreur contestable :
- Repérez une erreur manifeste : La plus courante est une erreur de surface (votre garage de 15m² est compté pour 50m²), une annexe comptée deux fois, ou un coefficient de confort ou de situation mal appliqué (votre appartement est classé « vue sur mer » alors qu’il donne sur une cour).
- Déposez une réclamation écrite : Dès l’erreur identifiée, adressez votre demande au Centre Des Impôts Fonciers (CDIF) dont dépend votre bien, toujours de préférence via la messagerie sécurisée.
- Respectez le délai légal : La demande doit être formalisée avant le 31 décembre de l’année qui suit celle du paiement de la taxe contestée.
- Joignez tous les justificatifs : Pour une erreur de surface, les plans de l’architecte, l’acte de propriété ou même des photos mesurées peuvent appuyer votre demande et accélérer sa correction.
Vous avez maintenant toutes les clés pour analyser votre situation fiscale locale, qu’il s’agisse de la taxe d’habitation ou de la taxe foncière. La prochaine étape logique est de passer à l’action. Connectez-vous à votre espace personnel sur impots.gouv.fr, vérifiez les informations relatives à vos biens et à votre situation personnelle, et si une anomalie apparaît, engagez le dialogue avec l’administration via la messagerie sécurisée. C’est la démarche la plus sûre et la plus efficace pour faire valoir vos droits.
Questions fréquentes sur la taxe d’habitation et sa contestation
Un étudiant rattaché au foyer fiscal de ses parents doit-il payer la taxe d’habitation sur son logement indépendant ?
Non, ce logement est considéré comme sa résidence principale et est donc exonéré, même s’il reste rattaché au foyer fiscal de ses parents, qu’il soit en résidence universitaire, en colocation ou chez l’habitant.
Que faire si le logement appartient aux parents pour éviter une taxation erronée ?
Les parents doivent inscrire l’étudiant comme occupant dans la déclaration d’occupation des biens immobiliers sur impots.gouv.fr, afin d’éviter que le bien ne soit requalifié en résidence secondaire et taxé à tort.
J’ai déménagé, quelles sont les conséquences pour mon contrat de prélèvement ?
Le déménagement doit être signalé pour ajuster votre contrat de prélèvement mensuel ou à l’échéance et éviter tout décalage sur les taxes locales.
Puis-je effectuer une simulation de ma taxe d’habitation ou de ma taxe foncière après un changement ?
Oui, un simulateur est disponible dans l’espace particulier du site impots.gouv.fr pour estimer l’impact du changement sur ces taxes.
En cas de divorce, qui doit payer les impôts communs ?
La question de la répartition des impôts communs entre ex-conjoints doit être clarifiée directement auprès du service des impôts, qui peut adapter la situation de chacun.
Une personne titulaire de l’AAH peut-elle être exonérée ?
Oui, si son revenu fiscal de référence n’excède pas un certain plafond dépendant de la composition de son foyer, l’exonération peut s’appliquer sans condition d’âge.
Quelle différence entre 65-75 ans et plus de 75 ans ?
Entre 65 et 75 ans, sous condition de ressources, le contribuable bénéficie d’une réduction automatique de 100 € sur sa taxe foncière ; au-delà de 75 ans, sous les mêmes conditions de ressources, l’exonération de taxe foncière peut être totale et s’étendre à la résidence secondaire.